lundi 23 février 2009

L'echo du calvaire

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Au loin résonne la comptine des fous,
Et mon coeur sens dessus dessous...

Depuis plusieurs jours, les volets demeurent clos. Battus à mort, ils risqueraient fort de tomber si d'aventure ils étaient ne seraient-ce qu'entr'ouverts. Les bruits qui émanent d'un lointain souvenir se mêlent à ceux des personnages qui meurent à l'écran. Le visage collé contre la vitre, il n'y a plus rien à faire, si ce n'est apprécier à sa juste valeur toute l'étendue de son sinistre désarroi. Le soleil hachuré cède facilement aux avances de la nuit, à moins que ce ne soit ce qu'il ait ingurgité qui l'aide à se perdre plus facilement dans les dédales du temps. Au milieu du vacarme imaginaire, il tourne sur lui-même en murmurant à l'envers. Ses yeux rouges et cernés lui montrent tout ce dont il désire, mais il sait que bientôt il verra ce qu'il l'effraye le plus. Alors, il trouve un peu de réconfort en regardant la petite poupée scarifiée aux cheveux roses qui danse avec grâce en le gratifiant de son plus beau sourire.

Le temps passe, impossible à saisir. Un mégot à la main, il épluche ses sentiments devant un verre de whisky. A plusieurs reprises, il lui semble sentir ses yeux révulser, alors il tremble d'un coup sec et se ramène violemment à la réalité. Il y a bien longtemps que son monde n'a pas tourné à l'endroit. Derrière les murs se déchaine la folie. Il se décide à se jeter dehors, titubant péniblement dans un froid hivernal auquel se sont alliées les puissances du vent. Les muscles endoloris révèlent leurs faiblesses, mais à ses yeux, il n'y a rien de mieux que de se sentir mourir à même le trottoir. La lune ce soir est aussi belle qu'une pilule blanche. Aucune prière ne serait assez forte pour le délivrer de sa démence. Condamné par sa propre volonté, son corps se meurt lentement tandis que l'esprit jouit du spectacle de sa déchéance. Le chahut des murmures s'estompe petit à petit. Au milieu des rafales, le soulagement de l'âme.

samedi 14 février 2009

Le bouquet n'était pas assez garni

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Nul besoin d'une date pour prouver son amour.
Rongée par ses pulsions, elle en avait même oublié l'existence.
Un vilain petit secret qui s'apprête à être concrétisé.
S'offre dans ce linge en chassant chaque pensée.
L'ascension céleste se noie dans une intemporelle extase
Esseulée dans la nuit, son reflet morne réveille les éclats de l'évidence.
La pénombre finit d'accentuer l'inexorable chute.
Les clefs qui s'entrechoquent emballent les battements de son cœur.
Les lèvres mordues jusqu'au sang, elle retient son souffle.
Son sourire s'estompe à mesure qu'il la regarde.
Les nuages n'apportent jamais de bons présages.
Dans la profondeur du malaise, son regard s'empare de ses pensées.
Désemparé, la violente douleur de la trahison perfore son cœur.
Béante, la plaie étouffe le malheureux qui suffoque de désespoir.
Les hurlements de la félonne ne parviennent à ranimer son cadavre.
Sombre trépas que de mourir de chagrin à la St Valentin.

mercredi 4 février 2009

Catharcis avortée

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Ne prends pas ma main,
Ou tu seras mien...

Le sable a coulé lentement, le léger sifflement de sa chute m'hypnotisant dans une transe presque impure. Grain par grain, je me suis laissé ensevelir jusqu'à l'étouffement, attendant sagement que le sablier finisse par imploser sous mes murmures. Et le verre céda, dans un fracas d'une violence brutale, extirpant l'esprit des immondices du malsain délire. La chair entaillée en divers endroits n'a demandé qu'à être recouverte pour mieux dissimulé ses souffrances. Rien ne change vraiment en soi. Dès lors, fagoté de mes plus délirants effets, me voila à nouveau à déambuler au beau milieu de cette nuit si belle et si lugubre, à la recherche de ce trottoir où je me suis déjà tant perdu. Il semble que l'on retourne à ses vieilles habitudes bien plus facilement qu'on ne le croit. De nouvelles couleurs ont été vomies un peu partout, quelques nouvelles dépravations semblent avoir naquit des entrailles du chaos, mais les sensations qui regorgent de ce lieu de perdition demeurent toujours les mêmes. Après tout, pourquoi chercher à faire face à sa détresse quand il suffit simplement d'offrir ce que bon me semble comme bon me semble, du moment que celui qui me viole en ressorte tout aussi défoncé que moi. J'aurai cru que les temps allaient être différents, mais tout est aussi intact que lorsque je me suis enfui. Les lumières grésillent, et je ne comprend pas vraiment ce que tu es en train de me faire. Peu m'importe, quand je regarde au loin, je sais que, maculés de sang, mes cutters valseront toujours avec moi.